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Les deux auto-stoppeurs - ou le voyage au pays de Marcel et Paulette

 
Lorsque François les avait laissé à la sortie Chalon-sud ce fameux jour où ils se rendait dans le Jura, Lionel et Bruno avaient galéré ensuite pour arriver jusqu'au Creusot. A peine 40 kms à parcourir et aucune voiture ne voulait s'arrêter.
- P... de pays, regarde ça, c'est toute l'année comme ça dans cette région, ça caille, y'a du brouillard qui te donne envie de mourir, c'est humide, ça te rend dingue, et aucun couillon qui a pitié de nous
- arrête un peu là Lionel, j'en ai marre que tu sois toujours en train de gueuler et de te plaindre, tu me mets le moral à zéro. Ok ça caille et y'a du brouillard, mais comme dirait Renaud "cette brume enveloppe le monde afin que lorsqu'elle se dissipe, le monde puisse être regardé de nouveau avec un regard empli de surprise" !!! c'est pas beau ça ? ah le Renaud, quel poète. Tu devrais lui demander de te donner des leçons de bonne humeur à celui-là !
Finalement ils avaient eu de la chance, une nana qui se rendait au Creusot pour un entretien d'embauche à l'hôpital leur avait donné un lift. Emilie, la trentaine, plutôt sympa, leur avait mis un morceau de salsa à fond pour leur réchauffer le moral et les os.
 
Lorsque Paulette voit son fils devant sa porte alors qu'elle ne l'attendait pas, elle en saute de joie. Marcel est plus froid. A chaque fois qu'il voit Lionel arriver avec ce Bruno, il ne peut pas s'empêcher de penser "toujours avec ce gars, peut pas s'trouver une fille plutôt, y'en a partout des filles, mais qu'est-ce qu'elle a donc fait la Paulette pour engendrer un fils pareil"
Bruno qui s'est habitué à l'accueil toujours très jovial de Marcel, le salue simplement d'une poignée de mains. Il prend Paulette dans ses bras. Il adore Paulette, cette petite bonne femme toute ridée, toute menue au coeur grand comme le monde. Dès le début elle avait accepté que son fils ne lui présenterait pas une fille et elle aime bien le compagnon de Lionel. Toujours à lui dire des mots gentils, toujours à la complimenter sur sa cuisine, la tenue de sa maison. Pas comme son fils qui tient bien de son père en matière de caractère.
Lionel et Bruno filent dans la chambre pour déposer leur sac et s'installer. Lorsqu'ils ressortent, Paulette dispose le boeuf bourguignon qu'elle s'est empressée d'aller préparer pour ses deux grands gaillards.
- on dirait que je l'avais senti que vous alliez venir, j'avais la main droite qui me grattait hier, celle des visites surprise, alors je me suis dit : ah ah, faut que je fasse des courses moi. Alors je suis allée au marché, tu sais mon Lionel, celui de la place Schneider, et j'ai acheté tout ce qu'il me fallait pour faire un bon repas. Et j'ai bien fait hein ? Dis, tu l'aimes toujours autant mon boeuf bourguignon ?
 
 
A suivre ...
- Béatrice -