Peuple voyageur 的个人资料PEUPLE ETRANGE : LES VOY...照片日志列表更多 ![]() | 帮助 |
Une voyageuse grimpant chaque jour l'EverestChrystelle a 55 ans et vit en collectivité. A l'approche de l'été, l'idée de prendre des vacances la fait chanter. Elle est une grande voyageuse qui a déjà affronté maintes fois l'Everest mais elle ne le sait pas. Elle part toujours en voyage organisé. Elle est coquette et elle a toujours une très très grande valise très très lourde. Elle s'en fiche, ce n'est jamais elle qui la tire. Même au bord de la mer ou durant une randonnée, elle est pointilleuse sur l'état de sa coiffure. Sa communication avec les autres est souvent une épreuve pour elle car ses codes ne sont pas toujours faciles à comprendre : Chrystelle peut répéter la même phrase toute la journée, changer d'humeur en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, rire ou pleurer en un instant et surtout, elle ne peut faire un pas sans tenir le bras de quelqu'un mais pour ça, elle a besoin d'avoir une grande confiance dans le bras auquel elle décide de s'accrocher. Le matin, elle ne se lèvera pas si personne ne vient la chercher, elle n'ira pas non plus aux toilettes si personne ne lui propose, elle ne se douchera pas et prétendra qu'elle vient de se laver mais c'est parce que pour elle, le temps n'est pas le même que pour les autres ... ces autres qui parfois sont si cruels avec elle et dont pourtant elle ne retient toujours que le meilleur. Elle mange très lentement et mastique pendant quelques minutes chaque bouchée. Si quelqu'un crie, elle s'immobilise, pétrifiée par la peur. La peur, elle la ressent en permanence, c'est sa compagne de toute une vie. Elle donne facilement son amour aux gens et ressent comme une profonde déchirure, comme un abandon, lors des adieux du groupe. Elle rit facilement et n'est pas avare d'une petite bêtise à dire. Elle est toujours très douce, parle lentement et à voix basse. Lorsqu'elle a envie de s'acheter quelque chose, elle va rester fixée devant l'objet pendant des heures si personne ne lui demande rien. Chrystelle est une petite fille dans le corps d'une femme.
L'été dernier, elle est partie en camp de vacances dans l'Ain avec un groupe. Ils étaient 11 et seulement 2 femmes. Les autres étaient bruyants mais sympathiques, pourtant elle ne s'est liée avec aucun. A quoi bon ? Chacun dans son monde, indéchiffrable pour les autres. Elle a appris à tirer à l'arc, c'était si dur de tirer mais l'animatrice était si gentille. C'est une phrase fétiche de Chrystelle : "Madame, tu es gentille" ou encore "Madame tu es belle". Les prénoms elle ne les retient pas alors que "Madame" ça va bien pour tout le monde, enfin, pour les femmes. Les 10 premiers jours, cela a été vraiment dur parce que le directeur et l'animatrice qui s'occupaient de son groupe ne l'aimaient pas. Elle leur faisait perdre du temps d'après eux, puis ils lui hurlaient dessus lorsqu'elle allait sous la douche parce qu'elle mettait trop de temps. S'ils avaient compris qu'elle avait besoin d'aide, que même l'eau sortant du pommeau lui faisait peur, alors sans doute auraient-ils réagi différemment. Mais ils lui hurlaient dessus même à table parce qu'elle ne se levait pas pour venir se servir si on ne lui disait pas et aussi parce qu'ensuite, elle finissait toujours après les autres. Le matin ils ne venaient jamais la chercher dans sa chambre alors elle se faisait dessus. Lorsqu'ils arrivaient en hurlant, ils criaient encore davantage en constatant le résultat et la laissaient dormir le soir, dans ce lit humide et nauséabond. Ils ne lavaient pas ses vêtements et à la fin lui remettaient les mêmes pantalons. Ah là elle en aurait pleuré, elle si coquette d'habitude.
Pourtant le 11e jour, une nouvelle animatrice est arrivée. Ah, qu'elle était gentille cette madame, qu'elle était jolie. Chrystelle a tout de suite senti qu'elle allait pouvoir s'accrocher à ce bras là qui la comprenait si bien. Elle avait décidé qu'elle irait au bout du monde avec cette femme. Alors lorsque cette nouvelle animatrice a proposé au groupe de partir en randonnée, Chrystelle a tout de suite dit oui. C'est vrai quoi, être enfermée dans ce camp alors que les alentours étaient si jolis, c'était pas des vacances ça. Mais oups que c'était dur et long, et qu'est-ce qu'elle a eu peur. Le chemin était si inconfortable et les pentes parfois si ardues mais quel bonheur accrochée à ce bras protecteur. Elle savait bien qu'avec un bras comme ça, il ne pourrait rien lui arriver. Et cette voix si douce qui ne s'élevait jamais très haut lorsqu'elle lui parlait.
Puis lorsque les vacances se sont terminées et que Chrystelle est retournée dans sa structure pour handicapés mentaux adultes, à la question posée par le personnel : "alors tu as passé de bonnes vacances" ?, sans doute que Chrystelle, sur qui le temps ne semble pas avoir de prise a répondu : "Oui il y avait une madame si gentille", en oubliant tout ce qui avait pu se passer avant.
- Béatrice - La voyageuse en mal de sensations fortesHenriette a 49 ans. Elle est divorcée depuis 2 ans. Heureusement, son fils est un ado ,elle se sent donc plus libre. Le jeune homme accepte de partir en camps de vacances ou en camping avec ses copains et leurs parents, ce qui laisse du temps à Henriette pour penser à elle. Depuis sa séparation, cette femme ne regarde plus les hommes de son pays. Elle les trouve tristes, sans éclat. Fesses molles, muscles flappis, sans humour, sans originalité, elle voudrait que ça pétille dans sa vie, elle veut du feu, elle veut du danger, elle veut rattraper le temps perdu et connaître de nouvelles sensations. Elle a entendu dire que dans certaines parties du globe, les hommes jeunes ne sont pas réfractaires aux femmes de son âge et qu'une femme comme elle pourra trouver ailleurs ce qu'elle ne trouve pas ici. Ce sera les Antilles : Cuba ou la Guadeloupe, pays où la chaleur permanente rend les corps plus sensibles, ou encore l'Italie où le célèbre "ciao Bella" dont les hommes aux mocassins et lunettes noires abusent, fait craquer les plus froides.
Elle décide de commencer par la Guadeloupe où on parle français parce qu'elle ne connaît pas l'espagnol. Peut-être un jour, après avoir pris quelques cours. Saint-François et sa plage de sable fin, ses grands hôtels, ses boutiques pour touristes, cela lui convient très bien. Elle part en voyage organisé pour célibataires, hommes et femmes confondus. Lorsqu'elle arrive à l'aéroport pour rejoindre son groupe, elle sait qu'elle ne finira pas dans les bras d'un de ces tristounets qui vireront du blanc au rouge d'ici quelques jours. Elle mérite mieux. Les autres femmes ont l'air plus âgées : 60 ans, voire plus. Elle pense qu'elle ne risque donc pas grand chose en matière de conccurence.
C'est la première soirée à l'hôtel. Près de la piscine, une piste de danse a été installée. Autour du bar, de jeunes hommes tous plus beaux les uns que les autres, regardent passer ces femmes en les scrutant d'un oeil de connaisseurs. Quelques messes basses sont échangées entre eux. Henriette se surprend à rougir et à espérer qu'un de ceux-là l'aura remarqué. C'est la première fois qu'elle se risque à ce genre d'aventures. On ne vit qu'une fois, telle est sa devise depuis quelques mois et quoi qu'il puisse arriver, elle veut tenter le tout pour le tout.
Après le dîner, la voilà qui vient rôder autour du bar. Un homme grand, mince mais musclé, aux fesses délicieusement rebondies et à l'accent chantant lui lance un regard de chasseur averti et l'invite à zouker.
- zouker ... mais je ne saurai pas. Si vous êtes indulgent avec moi alors d'accord.
- je vous montrerai comment on zouke aux Antilles, vous en garderez un souvenir inoubliable. Connaissez-vous le zouk-love ?
Les autres femmes du groupe arrivent près de la piste de danse et jalousent en silence ce couple totalement improbable.
- on dirait que vous avez fait ça toute votre vie, quel déhanchement, quel chaloupé
Henriette sait au fond d'elle-même qu'il a dû prononcer cette phrase des centaines de fois mais elle a envie de croire qu'il est sincère.
- vous me dites que vous avez 49 ans, j'aurais cru que vous n'en aviez que 30 avec ce corps catalogue. Et vous avez tellement d'énergie. Vous sentez bon, et cette nuque, je voudrais passer toute la nuit à la caresser.
D'idioties en inepties, Henriette s'est laissée prendre au jeu. Elle rit, elle est heureuse. Il la bourre de compliments, elle se sent revivre, elle se sent pleinement femme, elle se sent belle et cela fait si longtemps que cela ne lui est pas arrivé. Elle oublie son corps flasque, ses seins qui tombent, ses varices et sa cellulite.
Les autres femmes de son groupe sont toutes sur la piste de danse elles-aussi. Elles arborent des sourires de satisfaction, elles lancent autour d'elles des regards de vainqueurs, elles pensent toutes qu'elles seront les seules à faire chavirer le coeur d'un de ces hommes et qu'ils deviendront fous amoureux d'elles. Elles imaginent déjà une nouvelle vie, ici en Guadeloupe. Une jolie maison dans les hauteurs de Saint-François, leur homme les faisant crier de bonheur toutes les nuits. Une vie de rêve à être honorée comme des déesses.
Lorsque la musique s'arrête, Jocelyn, le jeune amant d'Henriette, l'entraîne vers la plage. Ils se déshabillent et se jettent nus dans les vagues. Quelle sensation de liberté, quelle plénitude, elle voudrait que cela ne s'arrête jamais. Puis ils s'allongent sur le sable. Elle reconnaît au loin plusieurs femmes de son groupe et se dit que décidemment, ce coin du monde est un véritable paradis pour la gente féminine.
Il lui susurre à l'oreille d'exquises paroles tout en promenant sa main sur ce corps qui a tellement faim.
Après chaque excursion, durant cette semaine, Henriette retrouve Jocelyn à la plage. Elle évoque au bout de quelques jours la possibilité de s'installer en Guadeloupe avec lui. Il accepte et lui dit qu'il trouvera une maison rien que pour tous les deux durant le temps où elle sera obligée de rester en France pour régler toutes ses affaires. Elle le croit, elle est aux anges.
Pourtant au bout de 5 jours, Jocelyn ne vient plus aux rendez-vous. Le premier soir elle pense qu'il a eu un empêchement. Le deuxième elle se sent seule et désespérée. Elle n'a même pas un numéro de téléphone où le joindre. Le lendemain, lors de l'excursion, Henriette n'a de goût pour rien. Les chutes du Carbet, elle ne les regarde même pas. A tout instant elle se dit qu'il va la rejoindre. Elle scrute le sentier de randonnée, elle se retourne sans arrêt. Elle se sent en colère, contre lui, contre elle-même. Comment a t-elle pu croire tout ce qu'il lui a raconté. Bien sûr qu'il n'était là que pour profiter d'elle. Bien sûr qu'il s'est seulement amusé et qu'il n'a jamais pensé à vivre avec elle. Quelle idiote. Et quelle solitude tout à coup. "Une déesse moi ? pfff, 49 ans et pire qu'une gamine de 18 ans, aussi naïve, aussi idiote, aussi ridicule"
Henriette reprend l'avion. Ce goût amer ne la quittera plus pendant longtemps. Elle se sent humiliée, dégradée, flouée. Oui, quoi qu'il arrive s'était-elle dit, elle voulait tenter l'aventure. Mais si elle avait pu se douter comme cela allait lui faire mal ....
- Béatrice - Le voyageur séducteurMarc est un homme de 65 ans. Pas très grand : 1,72 m, encore assez fin et des yeux gris de loup. Une bouche aux lèvres trop fines à son goût mais dont il a un jour étudié le sourire afin de les mettre en valeur. Il fait partie de ce qu'on appelle les "vieux beaux". Encore séduisant, il cache ses cheveux grisonnants sous une teinture brune. Il est toujours rasé de très près dans le cas où sa prochaine rencontre serait allergique aux picotis provoqués par une barbe naissante. Il avait rencontré plus jeune des femmes qui attrapaient de l'herpès à cause de ce genre de désagrément. Il excècre ces hommes de son âge qui partent dans des pays comme Cuba pour séduire des jeunettes magnifiques qu'ils seraient incapables d'avoir dans leur pays d'origine tellement leur négligence d'eux-mêmes les a réduits à ressembler à d'affreux yétis.
Marc fait attention à sa personne : sportif, il fait son jogging 3 fois par semaine, il fréquente le fitness club de sa ville dans lequel il arbore toujours des tenues de marque et dans lequel aussi, après l'effort, se diffuse la senteur de son parfum, mélangée aux odeurs nauséabondes de la sueur de ses voisins. Marc sue, certes, mais juste ce qu'il faut et prend toujours garde de s'arrêter quelques instants entre deux machines, afin de ne pas devenir une éponge dégoulinante et puante.
Il a la culture de l'esprit tout autant que celle de son corps. Il est abonné à divers magazines, lit les journaux, se tient au fait du dernier film sorti à voir absolument ou du dernier livre qu'il faut vraiment avoir dans sa bibliothèque. Il ne fume pas bien évidemment et se rend fréquemment sur un certain forum de voyage, non pas pour y trouver des informations touristiques ou pour en donner mais pour participer aux différents débats qui s'y tiennent et qui lui donnent l'occasion de mettre à jour les travers des autres et d'exposer sa grande culture.
Marc est marié et a 2 enfants déjà grands qui pour l'un, a fait de longues études et qui pour l'autre, à son grand désespoir, est devenu anarchiste et a rompu les liens avec son père. Son épouse est aussi du même type que son mari, voilà pourquoi ils arrivent à se supporter encore au bout de 30 ans de mariage. Une discussion houleuse un jour a fini par aboutir à ce compromis : chacun fait ce qu'il veut sans se gêner et sans que quiconque puisse venir les informer des agissements de l'autre.
Voilà pourquoi Marc voyage : assouvir ses passions dans d'autres régions ou d'autres pays lui donne la possibilité de n'être jamais vu par une de ses connaissances et lui donne par la même occasion, la possibilité de développer sa culture. Lorsqu'il part en voyage, ce n'est pas pour essayer de goûter à l'exotisme de ses habitantes. Il recherche avant tout les expatriées, les voyageuses, et ce ,dans toutes les tranches d'âge.
Mar a un jour croisé Sophie à Pékin. Ayant cassé son talon en pleine rue, elle se trouvait fort dépourvue quand un homme élégant l'a abordée pour lui proposer son aide, c'était Marc. Il l'a soutenue jusqu'au prochain magasin où elle a pu racheter une paire. Il s'est proposé de lui offrir mais Sophie n'a pas accepté. Il l'a ensuite évoqué la possibilité de la conseiller durant son shopping et de chemises en jupes, Sophie lui a fait part de sa vie ici, loin de chez elle, avec un compagnon, Pat Yanggguizzi, qui ne faisait que très peu attention à elle et dont les exploits dans la chambre commune laissaient fortement à désirer. Marc, à la verve éloquente lui a démontré l'obligation pour elle de passer une nuit avec lui, ce qui a convaincu Sophie de quitter l'homme qu'elle avait cru être celui de sa vie, pour retourner à Paris.
Marc a aussi rencontré Anny au Japon lorsqu'elle se trouvait au cybercafé de l'aéroport, à essayer de trouver des informations pour se rendre à son hôtel sans avoir à parler un mot de japonais ou d'anglais qu'elle ne connaissait de toute façon absolument pas. Il venait également d'arriver et ayant étudié depuis longtemps ce genre d'endroit, il savait qu'il trouverait une voyageuse seule, un peu déroutée par la marche à suivre pour arriver où elle le souhaitait. Mais contrairement à d'habitude, Anny ne s'est pas laissée séduire par les paroles de cet homme. Elle s'avouait pourtant qu'il avait un certain charme mais elle avait trop mal au ventre et à la tête à ce moment là pour être attentive à des propos enjoleurs. Elle s'était cependant laissée guider jusqu'à son hôtel et lui avait dit adieu.
Lors d'un séjour à Séville, il a aussi croisé Lucette et son car de bobolas. Rien de plus pitoyable pour lui que ce genre de voyageurs. Mais c'était pour lui un challenge. Séduire une de ces femmes pour l'amener à se rendre compte qu'elle se trompait d'univers et que la vie est ailleurs. Le sourire de Lucette, la finesse de son esprit, sa fragilité, l'avaient incité à se rapprocher de cette femme gardée par un grand gaillard qui devait être son fils puisqu'il s'était empressé de rappliquer dès que Marc avait essayé de lui adresser la parole.
Mais Marc, qui évidemment se prend des rateaux de temps en temps, n'en reste pas moins philosophe et pense sincèrement que ces femmes qui l'ont éconduit ne sont tout simplement que des ignorantes qui n'ont pas de goût pour la vie et qui finiront sans doute comme de vieilles harpies. Il reste persuadé que même celles qui l'ont refusé continuent de le regretter amèrement pendant quelques temps. A chaque retour, son épouse est heureuse de le retrouver, car en général, il n'en est que plus tendre avec elle pendant quelques semaines, jusqu'au prochain voyage.
- Béatrice -
Lucette, voyageuse « senior » débutanteLucette est un petit bout de femme tout en os et en énergie, visage fin et toujours bronzé aux yeux bleus rieurs, portant fièrement sa chevelure grise argentée et ses lunettes à double foyer sur son petit nez en trompette. Septuagénaire dans quelques mois, elle n’en reste pas moins très active, toujours à s’occuper dans son jardinet ou sa maison, curieuse de tout et du monde, aux activités nombreuses et variées : chorale, peinture, club Internet, gymnastique, randonnée…
Lucette est issue d’une famille de paysans. Elle a donc grandi au milieu des prés, des vaches, poules et lapins, parmi les plus grands d’une nombreuse fratrie essentiellement masculine. Lucette aurait aimé et pu être enseignante, et aurait sûrement réussi cette carrière. Mais elle n’a pu continuer au-delà du certificat d’études car il fallait aider la mère à la ferme, pour la lessive, le ménage, les repas des hommes et ouvriers, s’occuper des plus jeunes frères… A peine majeure elle s’est de suite mariée avec un voisin ouvrier et le premier de ses quatre enfants est arrivé très vite. Elle a dû s’occuper de son foyer, élever ses enfants, jusqu’au petit dernier, sûrement le préféré, son « Petitou »Yann.
Lucette est une grande voyageuse dans l’âme. Dès sa plus tendre enfance et ses premières lectures elle a rêvé d’horizons lointains, de grands espaces, de villes nouvelles, de cultures et de rencontres différentes. Mais la vie ne nous offre pas toujours l’opportunité de nos rêves. Et sa vie de travail au service des autres n’a pas permis à Lucette d’aller très loin. Ô certes, il y avait bien eu les virées dans les Pyrénées pour les congés payés (cf. le Voyage dans les années 60) et plus tard quelques vacances du côté du chalet des Piards dans le Jura et de loin en loin quelques brèves visites à la famille émigrée de-ci de-là aux quatre coins de France. Mais jamais Lucette n’a pu satisfaire ses désirs d’ailleurs. Son homme était prêt à partir, mais il leur fallait attendre la retraite disait-il pour s’offrir ces lointains voyages. Alors elle a attendu, en se contentant de nombreuses lectures de récits de périples réels ou fictifs pour voyager dans la tête, et de reportages télévisuels avec son émission favorite du vendredi soir depuis 1975 et depuis quelques années le développement des programmes sur les merveilles du monde.
Malheureusement, à peine en retraite son mari est parti trop vite. Alors voilà plus de dix ans que Lucette est seule, mais toujours pas partie. Ce sont ses enfants qui aujourd’hui la pousse à réaliser enfin certains de ses rêves, à s’envoler vers d’autres destinations, avant que l’âge ne la rattrape et ne l’enchaîne à nouveau. Sa première destination : l'Espagne, l'Andalousie pour un circuit de 8 jours en car.
Wapiti74 Djamel rencontre le voyageur au quotidien
Djamel a attendu longtemps sur son aire d’autoroute. Ses potes ne sont jamais arrivés là. Bien attachés, à jeun d’alcool et de fumette, ils respectaient parfaitement le code de la route… mais ils se sont fait prendre parce qu’ils avaient « emprunté » la voiture à un inconnu... Retour en fourgon bleu pour les « reubeus ». Souareba a juste eu le temps d’un texto : « Pécho par keuf. Bouj san nou. Tchô. »
Djamel est attablé devant une assiette vide.
A ses côté, un grand gaillard bien costaud engouffre sa pitance à grandes bouchées. Djamel l’a vu descendre de son grand camion rouge rutilant, venir prendre son déjeuner, s’asseoir à sa table. Pas très causant le gaillard pour l’instant, mais à l’aspect sympathique et il lui a dit bonjour en arrivant. Au dessert, Djamel va oser engager la conversation.
Routier, la trentaine, cheveux ras, visage rougeaud, yeux bleus d’angelot rieur, tatouage au bras, revendiquant haut et fort ses origines savoyardes, bon vivant, il est sympa le gars. Il semble ravi d’avoir un peu de conversation entre les longues heures de route. Il s’appelle Pierre.
Djamel arrive à glisser dans la conversation qu’il est en rade et qu’il cherche à descendre sur Lyon. Pierre lui répond : « Ça tombe bien, je dois décharger du côté de Lyon ! Normalement, j’ai pas le droit de prendre d'auto-stoppeur, mais là, vu que j’ai reçu ma lettre de licenciement pour la fin du mois, je vois pas trop ce que je risque à te prendre avec moi. Juste, t’es clean, pas de fumette, d’alcool, ni autres substances illégales ? Je risquerais trop sinon. » Rien de tout cela, Djamel est « clean », heureux comme un gosse : il va voyager dans un 40 tonnes rouge chargé de palettes de céréales petit-déjeuner et de papier WC.
En chemin, Pierre raconte un peu sa vie, par bribe. Je vous en offre un peu plus que ce que Djamel a pu apprendre.
Pierre, voyageur au quotidien
Sa vie, c’est la route. Sa vie, c’est un voyage au quotidien. Cinq ou six jours sur sept sur la route, paysages qui défilent au rythme du disque, des chargements, déchargements, repas, repos. L’Europe, du nord au sud, d’est en ouest, avec la France comme cœur de cible. La nuit parfois, le jour de préférence.
Mais un voyage particulier : des nombreux pays traversés, il ne connaît que les grands axes autoroutiers ou routiers, les principaux itinéraires bis, les banlieues industrielles et commerciales, les zones économiques. Contraint à dormir sur les aires sécurisées, à rechercher les stationnements adéquats, à ne pas abandonner camion et chargement dans la nature, il n’a eu que trop peu l’occasion de faire du tourisme, entrer dans les villes, visiter.
Il connaît les rubans d’asphalte et les paysages qui les encadrent. La nature grillée sous le soleil d’Italie ou d’Espagne, les vallées alpines verdoyantes aux sommets enneigés, les immenses forêts denses, les champs à perte de vue comme des damiers colorés, les régions vallonnées, la platitude du nord, l’odeur de l’océan qui vous accompagne sur certains tronçons sans que vous puissiez le voir vraiment, les grisailles métalliques, bétonnées et enfumées des régions industrielles, les grandes agglomérations et leur circulation infernale qu’il fuit au maximum… Les journées caniculaires où l’on crame derrière le pare-brise, les grises et interminables heures derrière le ballet des essuie-glaces sous les torrents qui se déversent du ciel plombé, la beauté dangereuse de ces jours de neige qui peuvent vous bloquer des heures et des nuits durant, les ciels ventés avec la course folle des nuages qui semblent à portée de mains, ces couchers de soleil aveuglants mais qui feraient rêver plus d’un romantique…
Il connaît les panneaux et postes de péages qui défilent. Il a en tête un véritable atlas du continent. Incollable sur le sujet. Il n’est capable de réellement converser qu’en son français natal, mais connaît les phrases types « bonjour, merci, au-revoir,… » dans une dizaine de langues.
Pas de tourisme, mais ce voyage au quotidien lui offre néanmoins parfois de bien beaux moments, comme ces nuits passées en solitaire vers 2500 mètres d’altitude, entre la France et l’Italie, garé en bord de route avec les marmottes et autres bouquetins curieux pour accompagner le réveil avant le soleil.
C’est une vie de solitaire. Pas de compagnie en chair et en os autorisée dans la cabine ; radio, CB et téléphone portable pour les conversations. Rencontres éphémères sur les aires ou aux quais de déchargement, avec d’autres potes routiers. Pas de femme. Il y en a peu dans ce métier, et de toute façon ce n’est qu’histoire de croisements, le temps d’un café, d’un repas, d’une veillée autour du poste TV du restaurateur… Pour trouver une compagne de vie il faudrait arriver à se poser, mais… Sa maison, c’est son camion, quatre ou cinq nuits par semaine. Une mini-cabine : 8 mètres cube, siège et tableau de bord inclus, avec un lit, un beau poster, la place minimum pour poser ses affaires de la semaine et une glacière pour le minimum de provisions de route. Toilette et repas dans les haltes routières. Ô certes, il a bien un « chez lui » dans la maison familiale, mais il y est si peu, le temps des courts week-ends et des rares vacances. Encore qu’en vacances il préfère repartir en voyage. Plus loin, différemment. A bord d’un 4x4 par exemple, à la découverte des pistes africaines, des grands espaces sud-américains ou du bush australien...
Ce voyageur au quotidien a un grand rêve. Un rêve de voyage, d’asphalte, de camion, d’immensité. Ce licenciement sera peut-être l’occasion de tout plaquer pour partir vers un autre continent. Un rêve de camion encore plus grand, plus long, plus rutilant, plus rugissant. Un truck énorme, customisé d’une magnifique fresque, avec ses cheminées chromées crachant leurs gaz polluants, ses moteurs rugissant capables de tirer deux remorques à vive allure sur les highways sans fin du continent nord-américain. A lui les grands espaces étasuniens et canadiens !
Wapiti74 (Oups ! encore désolée le rêve de MistoufleDe carhibouline
.../... Mistoufle n'a jamais voyagé, ou alors si peu..., quand elle était jeune... elle a bien eu quelques vélléités... mais son voyage au " pays du dauphin vert ", elle l'a fait du fond de son lit douillet. Elle aime bien prendre le bateau pour aller à la pêche... ramasser les appats d'abord, préparer des cannes, un simple fil, trois tours de moteur, enfiler le ver sur l'hameçon... et à la traine, pêcher le petit poisson... mais prendre un gros bateau... elle aurait bien trop peur... d'abord on ne voit pas le fond! et puis l'eau ça mouille... Prendre l'avion? si,si elle l'a fait... pour le bien être des autres passagers, ne recommencera jamais!!! Mistoufle va tous les jours au bout du village, elle fait le tour du square... ou bien elle choisit le cimetière pour un voyage intèrieur à travers les siècles passés... des chats égarés l'accompagnent tout au long des allées... Mistoufle rêve pourtant... d'un certain voyage... un ami " Enchanteur ", Merlin, de son petit nom, lui a donné l'envie... d'un voyage en ballon.../...
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De "commentaire" te voilà à "blog". Ce rêve de voyage en ballon est un ballon d'oxygène, une nouvelle plume de fraicheur. Je te renverrai à l'anonymat des "commentaires" si tu le souhaites. Pondy
Qui est-elle ?Qui est-elle ?
Mamina avait commencé une galerie de portraits de ceux que nous ne côtoyons que par écran interposé au Véfistan. Elle avait laissé vagabonder son imagination au travers des textes, des carnets, et ses portraits étaient emplis de clairvoyance et de douceur. Fine psychologue Mamina…
Je voulais aujourd’hui brosser un portrait sans vous dire de qui il s’agit.
C’est parti :
Vous avez besoin d’une référence littéraire, foncez et faites appel à elle. Vous ne serez pas déçus ; son savoir, sa connaissance du monde des livres est inépuisable. Le livre Birmane l’émerveille et elle en parle avec passion. Le nez dans les bouquins, les yeux près des étoiles, c’est une femme qui vibre. Femme des arts par excellence, elle supporte très mal la médiocrité, la vulgarité, la grossièreté. On peut être modeste mais riche. Où vit –elle ? Dans le Sud de la France, montagnes ou garrigues, dans un village tranquille, ensoleillé, et si calme que les fourmis grimpent le long de ses jambes, car, si elle aime la sérénité du village, elle est avant tout fille de la grande ville, et pas n’importe quelle ville : Paris. Quand on parle de Sa Ville, elle est intarissable et elle vous emmènera par la main vers la petite librairie de quartier qui sent la vieille église, subtile senteur de moisissure, de vieux papiers et de grenier Elle vole aussi au-delà des frontières et a parcouru l’Inde le - pays d’anarchie harmonieuse- qui la laisse éblouie au point d’y retourner encore et encore. Fut un temps où elle déposait ses carnets de voyage où chacun puisait rêve et renseignements. Temps révolu, elle est devenue silencieuse. On lit encore quelquefois ses mots. Des mots toujours courtois. Délicate lectrice, elle ne s’engage jamais dans les polémiques stériles et mesquines. Un carnet l’intéresse, la fait rêver, ou la fait grandir dans ses connaissances et elle pose quelques mots de remerciements, d’admiration, de gentillesse. C’est une Grande Dame dont la réputation n’a jamais été mise à mal. Politesse et respect pour elle sont essentiels. Etre son amie est un honneur, une joie sereine car elle connait le mot qui fait rire autant que le mot qui console. Grande avec le cœur et petite par la taille, c’est ainsi que je l’imagine. Brune aux paupières étirées vers les tempes, un teint mat et diaphane. Femme d’élégance discrète, sans rien de tapageur mais l’accessoire exotique, le bijou étonnant fera la différence entre l’allure bêtement bourgeoise et la classe.
Pétillante et secrète, elle est mariée. On trouve la trace de l’Homme dans ses carnets seulement. Est-il toujours son Merlin l’enchanteur ? Lui a-t-elle dit un jour lointain comme Viviane : « Beau Sire, il y a une chose que je voudrais savoir. Comment pourrais-je enserrer un homme sans tour, sans mur, sans fer, de manière qu’il ne pût jamais s’échapper sans mon consentement ? Merlin avait alors répondu : « Ma belle amie, de grâce, ne me demandez plus rien. Vous voulez m’enfermer ici pour toujours, et je vous aime si fort qu’il me faudra faire votre volonté. Et Viviane de rajouter : « Je n’ai sans vous ni joies ni biens et j’attends tout de vous. Puisque je vous aime autant que vous m’aimez, ne devez-vous pas faire ma volonté et moi la vôtre ? ». C’est ainsi que Femme aimante d’un mari qui fuit la foule, le bruit, elle le suivit…
Vous n’avez pas trouvé ? Si elle ne se répand pas en long, en large et en travers comme je le fais, pourtant, elle est toujours présente et attentive, et elle est parmi nous…..
Alors un rébus - Mon premier en est la clé - Mon deuxième évoque en France autant une région, qu’une spécialité fromagère. - Mon troisième peut se faire avec un archet de violon que l’on modifie, elle devient musicale au passé simple.
Si vous n’avez pas trouvé, il n’y a plus qu’à espérer qu’Elle se reconnaîtra….
Pondy
COMPILATION DE : PEUPLE ETRANGE : LES VOYAGEUSESBon allez je m'y colle. Pour les nouveaux lecteurs je vous explique : nous sommes un certain nombre d'écrivains hautement reconnus par les autorités compétentes et nous avons inventé une histoire à 46 mains que nous continuerons tant qu'il y aura parmi nous des acharnés. Je fais ici une compil de tout ce qui a déjà écrit afin qu'on puisse continuer de manière logique (enfin, on va essayer !!!)
Heureusement, grâce à Pondy on a récupéré les fichiers que j'ai pu imprimer, je n'ai plus qu'à recopier
Et en avant pour un 3e (hum hum hum) REPERTOIRE DES PORTRAITS (les nombres indiqués correspondent au numéro du message sur VF)
De Pondy
- la voyageuse organisée (1)
- la voyageuse aventureuse (1)
- la voyageuse avertie (2)
- la voyageuse intellectuelle (2)
- la voyageuse illuminée (5)
- la voyageuse blette (5)
- la voyageuse sportive (24)
- le voyageur organisé (17)
- le voyageur aventureux (27)
- le voyageur averti (41)
- le voyageur pressé (68)
- le voyageur blasé (68)
- le voyageur doré (116)
- le voyageur parfait (343)
- le voyageur reubeu (638)
- le chemineau (668)
- le voyageur sur roues (746)
- le(la) voyageur(se) joyeux(se) et grincheux(se) (499)
De Raoulx
- la minette "all include" et + si affinités (19)
- la voyageuse banale et bien ordinaire (694)
- le voyageur "ne m'appelez pas touriste" (46)
- les voyageurs Marcel et Paulette (90)
De Patoune
- le voyageur "en groupe" (48)
De Mamina64
- la voyageuse timide (55)
- la voyageuse chiante (61)
- celui qui n'a pas envie d'aller ailleurs (799)
- voyage dans mon jardin (846)
- la voyageuse Pondy (818)
- la voyageuse Glatch (818)
- le voyageur Raoulx (827)
- les voyageurs Wapit'family (830)
De Yangguizi
- la voyageuse équitable (119)
De Tomas3
- la voyageuse corrézienne parapentiste (570)
- la voyageuse nécromane (620)
- la voyageuse cybernétique
- la voyageuse compostellienne
- la voyageuse d'art-d'art
- la voyageuse avec animaux au Maghreb
- le voyageur tartarin (126)
De Eversmile
- la voyageuse mystique (99)
- la voyageuse ingénue (416)
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- le voyageur papillon (257)
De Pataugas
- la voyageuse en attente de voyage (261)
De Béatrices
- la voyageuse intérieure (718)
De Athénaïs
- le voyageur par procuration (750)
De Douya
- le jeune non-voyageur (774)
De Gitanita
- la voyageuse rêveuse (380)
Le véfistan...Pour ceux qui veulent se replonger dans les débuts de cette aventure,
un lien vers le post né sur un forum de voyage le 9 décembre 2007...
pour comprendre qui sont les étranges voyageurs à l'origine de ce blog...
Bonne fin d'après midi !
gitanita
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