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"OYEZ OYEZ
GENTES AMINAUTES
Le blog des étranges voyageuses et voyageurs
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et très facile d'accès et d'utilisation
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à la seule condition de venir avec son sourire
et sa bonne humeur
(faites gaffe, y'a une administratrice/modo pas commode !!!)
L'Hirondelle, le Choucas et le Pigeon ou la fable cachée de Sieur de La Fontaine Dame Hirondelle invita Sieur Choucas à festoyer pour le solstice d'hiver dans un nid d'alpage. Ce dernier, fort généreux, envoya un émissaire à son ami citadin afin qu'il se joigne à eux. Maître Pigeon, sur son lampadaire perché, fut heureux de recevoir l'abeille messagère. - "Dis à ton maitre que je suis fort aise qu'il ai pensé à moi pour cette soirée et que je n'y manquerai pour rien au monde" - "Messire, mon Maitre insiste pour que vous comprenez bien qu'il y a plus de 5h de vol avec le portage du sac avant de rejoindre les festivités" - "J'entends bien et j'en prends bonne note. Ceci n'est point un problème. Dis lui aussi que j'arriverai la veille afin que nous finissons la route ensemble" - "Bien Messire, je m'envole de cette aile lui donner votre réponse." Le jour venu, nos trois compères se retrouvèrent comme prévu au point de rendez vous et de départ pour les cimes. Ils furent rejoint par d'autres aventuriers sous la direction de Mademoiselle Mésange. Vers la fin de la matinée, le départ fut donné et les aventuriers firent un décollage tranquille afin d'économiser leur force et d'être sûr d'arriver au bout. Après quelques heures de vol et à mi-chemin, Maître Pigeon s'écroula éreinté. Dame Hirondelle en ses voyages avait beaucoup appris et su que c'était pas la peine de continuer. Elle décida, en accord avec Sieur Choucas, de faire demi tour après une halte salvatrice pour le citadin. Après avoir prévenu Mademoiselle Mésange, les compagnons commencèrent le chemin du retour. La soirée s'acheva dans la convivialité du nid de Sieur Choucas. Maître Pigeon eût les yeux plus gros que le ventre. note de l'auteur: satanés parisiens qui viennent à la montagne non entrainés en se croyant aussi fort que les indigènes Wapata cadeau dominical... ou l'art du recyclage (I)
Le feu crépite dans la cheminée, diffusant dans la pièce sa chaude et vivante clarté, seule lumière éclairant la pièce. Les ombres dansent dans cette chaleur rougeoyante. Le CD de jazz fini, le silence intérieur est revenu, suffisamment pour entendre le néant extérieur. Tempête silencieuse de gros flocons de ouate qui tapissent à nouveau l’univers jurassien. Enième couche de cet hiver glacial qui renvoie le réchauffement climatique dans la catégorie des bonnes blagues. Dos à un mur de livres, enfoncé dans son fauteuil, les pieds sur le coffre en bois de l’ancêtre, face au foyer, il se souvient. Trois ans déjà. Cela lui semble si loin, et pourtant les souvenirs sont précis. Il n’était pas seul cette année-là. Un jeune banlieusard en manque de reconversion et un Canadien perdu, rencontres de hasard, l’accompagnaient dans sa solitude. Duo puis trio hétéroclite qui avait su trouver un équilibre pour passer quelques jours et semaines ensemble. N’ont-ils jamais su à quel point leur présence inattendue avait été vitale pour lui ? C’était une sombre période, cette année-là… Eléna. Il ne l'a pas encore oubliée, il ne pourra jamais. Mais il a appris à dompter cette douleur, ce vide permanent. Il a ré-appris à aimer au contact d’Isabelle. Cela n’a pas été facile au début… cela ne l’est toujours pas, relation chaotique en " je t’aime, moi non plus ". Elle aurait dû être là, dans son chalet, à ses côtés, ce soir. Qui sait ? Peut-être la verra-t-il débarquer demain avec son accent résiduel narbonnais, après tout, Bourg-en-Bresse n’est pas loin… Un geste furtif de la main, comme pour chasser une hypothétique mouche, ses pensées repartent vers ses anciens compères de solitude. Qu’est devenu ce Djamel au langage fleuri des banlieues, 20 ans mais petit garçon qui jouait au gros dur ? Il a su qu’après quelques errances lyonnaises, il avait trouvé une bonne place dans une boulangerie de Voiron, et qu’il avait rencontré une petite suédoise, finlandaise, islandaise, il ne sait plus. Les dernières nouvelles datent de l’été dernier où il profitait de vacances du côté des îles Chausey ou quelque chose comme cela… Comme sa vie avait bien changé à ce gamin ! Un sourire éclaire son visage : il le revoit descendant l’escalier dans ses vêtements à lui, le " bouffon "… à pelleter comme un diable la neige pour déblayer l’aller… éclatant de bonheur dans le vent d’une course folle de skidoo canadien… Et le Canadien, où en était-il, lui ? Il doit sûrement compter fleurette à Mélissandre d’un côté ou l’autre de l’Atlantique. Six mois d’un côté, six mois en voyage sur le vieux continent… Isabelle avait beau le tenir au courant des pérégrinations de sa sœur et du " beau François ", il avait toujours du mal à s’y repérer avec ces tourtereaux pigeons voyageurs ! Quelle faculté a un cerveau de passer d’une idée à l’autre, de revenir, de repartir ! L’idée revient : quelle sombre période, cette année-là… Oui, mais pas complètement. Il y avait quand-même eu ce fameux mariage de février aussi ! Et puis l’arrivée de sa petite filleule, Vigdìs, cette petite déesse blonde qui envoûte déjà tous les hommes qu’elle croise, à commencer par son père dès le premier jour. Un rayon de soleil que cette gamine qui promet déjà ! Son regard espiègle, son sourire enjôleur, son rire qui chante comme une cascade d’eau claire. Qu’il est fier le parrain, qui se redresse dans son fauteuil à cette pensée heureuse. Et dire qu'elle avait gazouillé ses premiers mots et avancé ses premiers pas au Ladakh, cette petite. Une graine de grande voyageuse, sans aucun doute ! Sur les dignes traces de son père, ceci étant. Parce que le Gérard, ce n’est pas le mariage qui l’a arrêté… au contraire. C’est comme s’il avait régulièrement besoin d’aller faire un tour, prendre l’air, une bouffée d’oxygène loin de sa Mado. Facile à comprendre le pote : sacrée nana, celle-là ! … La semaine dernière, il était justement à Paris avec cette petite famille improbable, mais si attachante. …/… Wapiti "Alors ça ...
j'avais carrément oublié !
Ca fait 1 an que le blog existe
Tu t'en souvenais Wapiti ????
Bon alors je reprends le message
plein d'espoir de
Fabizan
LONGUE VIE A CE BLOG
Mais au fait ... qui c'est qui se dévoue ????????
Wapiti, où est ta géniale inspiration en ce moment ?
et Mamina, un petit billet tendre pour nous faire fondre
et Wapata, tu nous raconterais pas ta version du jour de l'an ????
et Lahaut, où s'est-il donc enfui qu'on entend plus parler de lui
- Béatrice -
Salut c'est la Chanson du Dimanche !-
La pêche, ils sont de retour
Allez, c’est les soldes,
Allez s’il vous plaît, on achète, c’est la crise, on achète :
une Mercedes achetée une Mazda offerte,
allez une maison pour 15 euros par jour,
un livret A à 6 % pendant un mois,
allez c’est la crise il faut y aller s’il vous plaît
Un joli voyage au pays de l'entraideIl s'arrêta devant la Mercedes, sortit de sa vieille Pontiac et se dirigea vers la pauvre dame désespérée. Malgré le sourire qui se dessinait sur son visage, il sentit combien elle était effrayée. Depuis le temps qu'elle attendait, personne ne s'était arrêté. Est- ce que ce jeune homme, allait-il lui faire du mal? Il pouvait voir qu'elle était effrayée, debout dans le froid, près de sa voiture. Elle grelottait, la peur tout autant que le froid lui donnaient la chair de poule . Bryan perçut sa peur. ' Je vais vous aider Madame, dit-il, allez-vous asseoir dans la voiture où il fait un peu plus chaud... Mon nom est Bryan Anderson' '. Il constata qu'elle avait une crevaison; mais en raison de son âge avancé, elle ne pouvait rien faire toute seule. Bryan s'accroupit, regarda sous la voiture pour voir comment placer le cric, frotta ses mains pour se réchauffer les doigts et se mit au travail. Elle vit qu'en remplaçant le pneu, il s'était sali et blessé à une main. Pendant qu' il resserrait les écrous, elle abaissa sa vitre et commença à lui adresser la parole. Elle lui expliqua qu'elle était de St Louis et était juste de passage. Elle ne pouvait pas assez le remercier pour son aide. Bryan souriait en refermant le coffre. La dame lui demanda combien elle lui devait. Elle lui dit que son prix n'avait pas d'importance tellement elle avait eu peur, s'étant imaginée des choses affreuses auxquelles elle avait été exposée s'il ne s'était pas arrêté. Bryan lui répondit qu'il n'avait pas à être payé. Ceci n'était pas un travail pour lui. Il n'avait fait qu'aider quelqu'un dans le besoin. Dieu seul savait combien de fois des gens l'avaient aidé dans le passé. Il menait son existence de cette manière et il ne lui venait pas à l'esprit d'agir autrement. Il lui dit que si elle voulait vraiment le payer de retour, la prochaine fois qu'elle verrait quelqu'un dans le besoin, elle devrait donner à cette personne l'assistance nécessaire; et il conclut, ' Souvenez-vous de moi' Il attendit qu'elle démarrât son véhicule pour s'en aller. C'était une belle journée froide, la vie n'était pas facile pour lui en ce moment, mais il se sentait bien en prenant le chemin de la maison. A quelques kilomètres de là, la vieille dame trouva un restaurant. Elle y entra pour se réchauffer et prendre une bouchée avant de continuer sa route. C'était un restaurant modeste devant lequel se trouvaient deux vieilles pompes à essence .La serveuse l'accueillit et lui offrit une serviette propre pour sécher ses cheveux mouillés. Elle avait un gentil sourire malgré le fait qu'elle était debout toute la journée. La vieille dame remarqua que la serveuse était enceinte d'environ huit mois mais que ni l'effort ni le travail ne lui enlevaient sa bonne humeur ! La vieille se demanda comment une personne avec si peu pouvait être si généreuse envers une étrangère. Aussitôt, elle se souvint de Bryan. Quand elle finit son repas, elle paya avec un billet de 100$ . La serveuse alla vite chercher la monnaie. Mais la dame se faufila dehors, quittant avant que la serveuse ne soit de retour. Lorsque la serveuse revint, elle se demanda où la cliente pouvait bien se trouver. Elle remarqua alors une note sur la serviette de table. Des larmes coulèrent de ses yeux quand elle lut ce que la vieille lui avait écrit : « Vous ne me devez rien. Je suis aussi passée par là. Quelqu'un m'a aidée à m'en sortir comme je le fais pour vous. Si vous voulez réellement me payer de retour, voici ce qu'il faut faire : ne permettez pas à cette chaîne d'amour de prendre fin avec vous.» Et sous la serviette de table, il y avait quatre autres billets de 100 $. Eh bien ! Même s' il y avait des tables à nettoyer, des boîtes de sucre à remplir , la serveuse décida de le faire un autre jour. Elle rentra chez elle, et en se mettant au lit , elle pensa à l'argent et à ce que la vieille lui avait écrit. Comment la dame aurait-elle pu savoir qu'elle et son mari en avaient besoin ? Avec un bébé le mois suivant, cela s'annonçait très dur. Elle savait combien son mari était inquiet et en se glissant près de lui, elle lui donna un doux baiser et chuchota doucement à son oreille : « Tout ira bien. Je t 'aime, Bryan Anderson. » Il y a un vieux dicton qui dit « UN BIENFAIT N'EST JAMAIS PERDU », les mains ouvertes finissent par attraper quelque chose (texte d'un inconnu)
- Béatrice -
Un réveillon à la neige (acte 4)
Je retrouve un peu plus bas mes deux compères. Le savoyard a joué à la perfection son rôle de Saint Bernard pour remettre sur pied le parisien. Il est debout sur ses deux pattes. Ils ont tous deux meilleure mine. Distribution de cachetons dopants à tous, pour compléter les soins. C'est pas le tout cela, mais on a une course contre la montre à mener maintenant : se mettre à l'abri pour la nuit. L'objectif annoncé officiellement : rejoindre les hameaux traversés à l'aller et y trouver un abri, une cave, un recoin abrité non fermé ou salle dont Wapata est prêt à défoncer la porte... In'ch Allah ! L’incertitude : comment vont évoluer les muscles parisiens dans les minutes et heures à venir ? Quel rythme pourra-t-il soutenir ? Quelle distance pourrons-nous parcourir ?…
La route, et que la route. Au rythme du parisien, quel qu’il soit. Au nombre de pauses nécessaires, quelles qu’elles soient. Impossible de le soulager de son sac, nous avons déjà assez de mal à porter nos propres charges. Ces mêmes charges qui nous sauveront peut-être la vie cette nuit… Cette nuit, dans quel trou de neige, de pierres ou de bois allons-nous la passer ? Tout en avançant, lentement, on se fait des films, forcément. L’inventaire du sac est réconfortant, l’humidité ambiante et la température qui baissera encore dès la nuit, beaucoup moins. Insidieusement certaines pensées s’envolent vers ce refuge et ce réveillon rêvé inaccessibles. Que l’on aimerait être avec les autres, plus haut, sur le plateau, avec les sommets en ligne de mire ! C’est le silence dans les rangs. Chacun rumine de son côté. Il y en a un qui, au-delà de la difficulté physique, est habité d’un sentiment immense de culpabilité : il leur a volé leur réveillon ! Il ne se le pardonne pas. Et pourtant, le couac physique, chacun de nous trois aurait pu l’avoir, si peu entraînés et en forme étions-nous, tout savoyard que nous sommes. Le dimanche précédent, Wapata calait après 1h30 de marche au dénivelé quasi-nul, panne de jus... Wapiti se ressent de douleurs au tendon d’Achille depuis quelques temps, la sciatique n’est jamais loin… Les crampes, nos corps engraissés et fatigués pouvaient très bien les déclencher aussi. Cela aurait pu lui arriver à lui, à elle. Ils n’ont rien à pardonner, ils ne lui en veulent pas, ce n’est pas sa faute. Juste une mauvaise blague jouée par le destin. Mektoub.
D’hectomètres en hectomètres, la descente se passe tranquillement. La magie de la mécanique humaine : fessiers, adducteurs, droits, tenseurs, extenseurs, vastes, jambiers, jumeaux et autres ne sont pas sollicités de la même manière en descente et en montée… Sans pour autant se sentir décontracté, le Guillaume arrive donc à marcher, et même à un rythme correct. Son humour revient. Sauvés ! Nous rejoignons les premières maisons en une petite heure. Non, Wapata, ne démolis pas une porte ! Du reste, elles sont tellement belles et solides, en bon bois d’ici avec leurs charnières énormes, j’émets comme un doute… tu n’es pas Obélix, tout de même !! Il nous reste une heure de jour. Le profil de la « course » est modifié : si nous continuons à marcher à ce rythme, sans alerte médicale majeure, nous pouvons rejoindre, même de nuit, le parking, la voiture, la civilisation… Et d’ici là, plusieurs hameaux à traverser, donc d’autres solutions de repli possibles… Finalement, un réveillon… SANS neige !
Et c’est ainsi qu’à la tombée de la nuit, après 2 heures de descente, un total de 5 heures de marche, nous atteindrons la civilisation, les villages vivants aux lumières comme des lampions dans le clair-obscur, le parking avec la voiture sagement stationnée, prête à recueillir nos corps fatigués pour les redescendre plus bas. Un petit détour chez le loueur d’arva pour rendre le matériel et plonger quelques dizaines de minutes dans une ambiance de station de ski en habits de réveillon, entre skieurs rentrant de leur journée sportive et fêtards entamant les préliminaires d’une soirée qui s’annonce arrosée… La vendeuse se fait pharmacienne et recommande une ‘tite mousse comme meilleur remède musculaire, il n’en fallait pas tant pour que les deux zoms foncent vers le premier bar ! Il y en a un qui a, comme qui dirait, retrouvé tout son bagou, le coquin !! Route sinueuse, enneigée et glissante, puis mouillée, longue, dans la nuit noire percée de nombreux phares aveuglants –mais qu’ont-ils tous à être sur les routes, ils devraient être en train de festoyer !–… Wapata résiste à l’endormissement général pour nous ramener au Wap’Chalet, sous la pluie. 20 heures. Wap’chalet surchauffé, bons bains bouillants et salés, diots-polenta dans la marmite, dans les assiettes, dans les estomacs, difficile éveil devant un petit écran aux programmes soporifiques, corps moulus, paroles et cerveaux en mode économie. Wapata sombre avant minuit, Wapiti et Guillaume résisteront juste le temps de se souhaiter une bonne année, même pas de branche de gui pour l’occasion, avant de plonger dans les bras de Morphée. Nul ne sait qui a le plus ronflé, aucun n’a entendu les autres.
Une Saint-Sylvestre peu ordinaire… un réveillon beaucoup plus ordinaire !
Un conseil : pour que le rêve d’un réveillon en refuge se réalise… n’emmenez pas de parisien avec vous !! ;-p
Wapitiiiiiii
Un réveillon à la neige (acte 3)un réveillon DANS la neige
A peine une heure que nous avons redémarré que la première alerte sonne. Aïe ! Guillaume nous fait le coup de la crampe. Fallait bien qu’il se fasse remarquer ! Voilà un moment qu’il était bien trop silencieux le gars ! C’est pas dans son style d’arrêter de déconner, d’arrêter de parler… Allez, un cacheton dopant - le deuxième du jour, à croire qu’il est déjà accro -, une goulée d’eau glacée, quelques étirements… et c’est reparti. Ouf ! On l’a échappé belle ! … Mais pour combien de temps ?
Bifurcation. Ruitor ou Archeboc ? Pour nous, c’est à gauche. Ruitor annoncé à 2 heures… temps de marche estival. Déjà plus de 2h30 que nous nous traînons. Le temps semble s’étirer sans fin. Seul le clair de jour ne sera pas sans fin… On s’enfonce dans la gorge, toujours sur la route, après avoir dépassé les maisons du deuxième hameau. La ouate céleste se rapproche, les flocons se font plus denses. A la question parisienne récurrente depuis le départ, « C’est encore loin ? », le « oui » a cédé la place à un coup de menton, un haussement d’épaules, un clin d’œil qui ne présagent rien de bon. On baisse la tête, on appuie sur les bâtons, on s’applique à marcher sans s’essouffler, ne pas perdre la vie qui est en nous… Ordre avait été donné de rester sur la route, mais la sente militaire et les traces récentes partent sur le sentier de randonnée… Après moult hésitations, un choix, peut-être le mauvais. Sous le couvert des arbres, immédiatement le pourcentage de pente s’accentue fermement, les virages en lacets se succèdent. Mettre un pied devant l’autre. Encore. Toujours. Pas trop vite. Sans s’arrêter. A chaque pas, une centaine de kilos à monter quelques centimètres plus haut. Wapiti en rythme de croisière, lent mais régulier ; cela lui a toujours assuré la lanterne rouge. Pas aujourd’hui. Quelques mètres derrière, le Guillaume n’arrive pas à suivre, souffle, souffre, en silence, mauvais signe. Plus loin encore, Wapata traîne, ce n’est pas son style. Retour sur la route. Cette fois, on y restera. Cette petite escapade en sentier risque de nous coûter cher dans les heures qui viennent. Sur la carte, c’est évident : c’est la portion la plus pentue. Le goulet d’étranglement, le « coup de cul » avant d’atteindre les alpages, hauts plateaux dégagés et moins pentus. Et nous atteignons à peine la moitié du kilométrage total… L’évidence est là : on finira à la frontale, pas moins d’une heure de marche dans la nuit s’annonce. Heureusement, il ne fait pas si froid que prévu. Pour l’instant.
15h. Et v’là’t’y pas que le Guillaume, il nous refait le coup de la panne ! Mais cette fois-ci, on ne rigole plus du tout. La tétanie musculaire est totale. Les deux cuissots cisaillés, dans l’incapacité de mettre un pied devant l’autre. Et pourtant, on lui fera encore faire une dizaine de pas, titubant, grimaçant, dans un râle, pour rejoindre le bas-côté dégagé où il pourrait s’asseoir. Il s’effondre à genou. Il est cuit, complètement. Et en panique, de surcroît. Nouvelle évidence, nouvelle décision, cette fois sans tergiversation et sans appel : on n’ira pas plus haut. Fin du rêve. En montagne, il y a comme cela des instants où tout est limpide, ou les choix s’imposent d’eux-mêmes et n’en sont pas.
Le Wap’cerveau fonctionne très vite à ce moment-là, je vous le dis, moi ! Laisser un blessé redescendre seul et passer la nuit au milieu de nulle part ? Impossible. Jamais. L’idée ne m’effleure même pas l’esprit. D’autant plus, un parisien qui ne connaît la montagne qu’en carte postale ou en voiture !! Mais quelle idée de l’avoir emmené avec nous, celui-là !! Laisser les deux hommes sur place et prendre le parti de monter seule à la fête, puisque malgré la difficulté, le physique semble résister et le mental est là ? Non. Impossible aussi. Le savoyard n’a pas plus d’expérience de situation de survie en montagne que le parisien. Tout au plus quelques idées et principes en tête ; encore faut-il les convertir en bonnes décisions… On est trois. Partis à trois, reviendrons à trois. C’est le chiffre minimal en montagne, le chiffre magique : un blessé, un qui reste pour rassurer et sécuriser, un qui part chercher du secours. Pas de concertation, juste des évidences : avant tout, prévenir les autres de ne pas nous attendre, de ne pas s’inquiéter pour nous. Ensuite, évaluer l’état du « blessé » et les modalités de mise à l’abri. Les contraintes sont claires : à peine 2 heures de clarté devant nous, près de 3 heures de montée pour venir jusque là, autant pour atteindre le refuge, pas de réseau téléphonique à ce point précis. La situation n’est pas critique : ce ne sont que des crampes, nous sommes tous trois bien habillés avec des épaisseurs en sus dans les sacs, bien chargés de victuailles, un thermos de thé bouillant, sacs de couchage et couvertures de survie, frontales, de quoi faire du feu, avec les chalets rencontrés à l’aller en secours. Notre survie n’est pas en question, même s’il faudra veiller à respecter quelques règles de prudence face au froid, même si la perspective d’une nuit glaciale dehors à 1600 mètres d’altitude en pleine période hivernale n’est pas réjouissante. Pff ! Vous parlez d’un réveillon !!
OK. Pour l’instant il est ‘out’ le parigot, y’a rien à en faire que d’attendre qu’il récupère un peu. Le frérot est physiquement bien cuit aussi semble-t-il. Le téléphone ne passe pas ici. La vallée s’élargit quelques virages au-dessus, je peux espérer capter plus haut. Je dégage le sac, j’attrape le téléphone, c’est parti, je grimpe ! Enfin… sur la route, à mon rythme raisonnable –pas la peine de m’exploser non plus !–, mais sans le sac, j’ai l’impression de voler, presque. Un virage, deux, trois… toujours pas de réseau. Le terrain se dégage, des maisons apparaissent. Je dois ! Il faut ! Il faut absolument prévenir les autres. Mais comment faire si ça ne passe pas ??? Là, ça mouline dans les neurones - dix mille fois plus vite que les gambettes ! -, mais cette fois sans réelle solution… Et le miracle se produit : Visuel ! Karine, inquiète de nous savoir derrière, de ne pas pouvoir nous joindre –ha ! il n’y a pas que moi qui n’avait pas de réseau !– avait ralenti, avait fait une longue pause, attendait… au moins pour nous apercevoir… Jonction. Soulagement. Bla-bla, bla-bla, bla-bla. Elle reprend la direction des sommets, pas moins inquiète sur notre perspective nocturne, mais sûrement libérée de l’incertitude précédente. Je prends la direction opposée pour rejoindre mes deux compères qui doivent se geler, arrêtés depuis un quart d’heure dans ce coup de blizzard enneigé qui vient de nous tomber dessus. Y’a pas, va vraiment falloir se mettre à l’abri si on veut pas attraper la mort cette nuit ! Un réveillon à la neige (acte 2)
Un peu avant midi, c’est le départ du parking pour les Wap. La montée vers le refuge est annoncée en 3-4 heures. Aucune difficulté technique, mais 800 mètres de dénivelée, tout en longueur sur un peu plus de 7 km. Guillaume as-tu à ce moment là conscience de ce que cela représente ? … C’est traverser Paris à pied de l’Arc de Triomphe à la Gare de Lyon, et monter trois fois de suite au troisième étage de la Tour Eiffel, par les escaliers bien sûr… Non, Guillaume n’en a absolument aucune idée. Wapiti par contre fait le compte : surpoids adipeux + fatigue classique de cette période + sac lourds, trop lourds + manque d’entraînement + rythme naturellement lent en montagne… 4 heures est un minimum utopique. 5 heures paraît être une estimation plus raisonnable. Arrivée prévisible à la nuit. Probablement à la frontale… sous la neige.
Parce que à cette altitude, c’est une journée de neige. Pas de tempête, juste des averses de neige plus ou moins denses. En partance pour tutoyer les nuages qui pourraient prendre un malin plaisir à nous envelopper, là-haut, sur les hauteurs. Heureusement, pas de souci pour suivre le chemin : c’est sur sa première moitié une bonne route non déneigée… et une trentaine de chasseurs alpins est passée là quelques jours plus tôt, nous traçant une sente évidente plus haut, après. Même à la frontale et dans les nuages on devrait s’en sortir… encore faut-il arriver jusque là.
Un peu avant midi, donc, c’est le départ. Raquettes aux pieds, arva branchés et testés. Wapata fait bip-bip. Guillaume fait bip-bip. Wapiti chef de cordée reçoit clair tous les bip-bip. Jusque là, tout va bien. Guillaume découvre qu’il n’y a rien de sorcier à marcher ainsi armés. L’a encore tout son humour, le gars, bien emmitouflé dans sa doudoune canadienne. On avance. Lentement mais avec confiance. Même si forcément sous la charge les jambes peinent, les épaules et le dos se tendent, les cerveaux travaillent. On pense au rêve qui se concrétise, on focalise sur les muscles qui tirent, on admire le paysage enneigé, on essaie de penser à des choses drôles pour tenter de dissiper les angoisses qui percent, on s’imagine déjà là-haut à humer le doux fumet des diots-polenta, à se délecter des toasts, les yeux aussi pétillants que les bulles dans les verres, les pieds libérés de leur chaussures-prisons, on évalue la part d’inutile qui n’aurait pas dû prendre place dans le sac, on repense à d’autres récits de chalet sous la neige… Il y a un wap-cerveau particulièrement qui oscille en permanence entre déguster ce rêve qui se réalise dans cet univers de vallon forestier de blanc vêtu, et calculer le rapport vitesse-avancement-distance-temps estimé… Elle a la carte dans la poche, elle l’a déplie régulièrement, elle se repère facilement, elle sait exactement où ils sont et ce qu’il reste à parcourir. Jusqu’ici, tout va lentement, mais tout va bien. Il est 13h bien passées, mais elle a insisté pour qu’on attende encore un peu avant de faire la pause. Bon calcul : un hameau de maisons de pierres, de bois et de lauzes, un avant-toit dégagé et abrité, le coin est très accueillant pour s’arrêter combler les estomacs, reposer les corps, alléger –si peu !– les sacs. D’ailleurs, Lolo, Ricou et Deb viennent de s’y installer aussi. La pause est brève. Les minutes qui passent sont des minutes qui refroidissent, et surtout des minutes de lumière, à défaut de soleil, qui s’envolent. Il reste moins de 4 heures de jour. On reboucle, on rechausse, on rebâte, on repart. Jusqu’ici, tout va bien. …à suivre Wapiti Un réveillon à la neige (acte 1)
Il était une fois... Et cette année-là, le rêve était à portée de mains ! Veille de Saint Sylvestre, voilà le francilien rendu au Wap'chalet. Les sacs à dos -monstrueux !- sont prêts, les yeux brillent d'impatience...
Jour J. Le réveil sonne dans la nuit qui s’éternise. Il n’est pourtant pas si tôt. Le temps n’est pas au beau ce jour-là, le chargement de la voiture n’oublie pas les incontournables chaînes… qu’en bons savoyards les Wap n’ont encore jamais utilisées ! Ce sera peut-être une première… encore une. Une heure trente de route, finalement « noire » et sans obstacle, et c’est la rencontre avec le groupe chez le loueur d’arva incontournables. Pour beaucoup, c’est la découverte avec ces petits boîtiers au bip salvateur en cas d’avalanche. Un petit stage d’arva il y a une quinzaine d’années ? C’est bien Wapiti, cela te donne le droit d’être privilégiée et de charger en plus sur ton sac la pelle et la sonde, compagnons indispensables de l’arva, pour peu qu’on sache s’en servir… Ô quelle joie, merci, merci ! Un saut de roues plus loin, le parking. Déchargement impressionnant. On enfile, on chausse, on bourre, on serre les sangles, on clippe, on boucle, on bâte… Bon sang, que de baudets bien chargés ces treize là !!
13. Auraient-ils dû voir en ce chiffre un signe précurseur de la suite ? Pas superstitieux pour deux sous, ils n’y ont même pas prêté attention… En fait, ils ne forment pas encore vraiment un groupe de 13, mais plutôt 4 petits groupes qui ne se connaissent pas, qui partiront de façon échelonnée, marcheront chacun à leur rythme et se retrouveront –peut-être !- en haut… Il y a Jimmy et ses 3 compères, jeunesse en skis de randonnées, premiers partis, bien partis, jamais rattrapés. La clé du refuge leur a été confiée, bonne idée, ils ont pu chauffer les lieux avant l’arrivée du gros de la troupe. Il y a Wap, partis en deuxième position ; ils avaient prévenu, très lucides sur leur rythme de marche, leur état de forme, le poids des sacs, la présence dans leur sillage d’un Guillaume parisien novice en raquettes… ils avaient prévenu qu’ils seraient dépassés très vite par tous et qu’il ne faudrait pas les attendre. Ils avaient raison les bougres… Il y a Lolo, Ricou, Deb, le trio de raquetteurs qui ont eu vite fait de rattraper les Wap, ont quand-même eu l’occasion de partager la brève pause déjeuner avec eux, avant de les laisser irrémédiablement derrière. Enfin, parties en bonnes dernières, il y a Karine et ses deux copines. A ski, elles auront tôt fait de rattraper les raquetteurs, et de filer vers les hauteurs promises. Mais Karine, en grande organisatrice, s’inquiètera, ralentira, attendra… Elle devait le sentir au fond d’elle, il fallait attendre un peu…
… et vous aussi, il va vous falloir attendre un peu ! Wapiti Peuple Voyageur en deuilLe Peuple Etrange des Voyageuses et Voyageurs est en deuil.
Depuis 9 jours en fait...
... jour où s'est envolée vers d'autres voyages
notre Nalyoup-DJ-en-chef,
jolie Fleur de Coquelicot,
dont on devinait le rire à travers ses billets et clins d'oeil,
cette étrange voyageuse qui nous donnait pêche et illuminait nos dimanches,
ce trésor de vie qui se battait depuis si longtemps pour en conserver un peu de cette vie...
Naly s'est envolée pour un merveilleux voyage, où elle rencontrera inexorablement nore ami Yanguizzi.
Pour sûr que ces deux amoureux de la vie, de l'humour et du rire se retrouveront là-haut, là-bas.
Et qu'ils veilleront ensemble sur nous, sur nos magnifiques voyages et rencontres à venir, sur nos éventuels futurs délires d'étranges voyageurs, sur ces moments que nous partageons et nous partagerons encore je l'espère...
Naly est partie, elle nous manque.
Vole vole, petite aile
Ma douce, mon hirondelle Va t'en loin, va t'en sereine Qu'ici rien ne te retienne Rejoins le ciel et l'éther Laisse-nous laisse la terre Quitte manteau de misère Change d'univers Vole vole petite sœur Vole mon ange, ma douleur Quitte ton corps et nous laisse Qu'enfin ta souffrance cesse Va rejoindre l'autre rive Celle des fleurs et des rires ... Un geste et un sourire quotidienPour que tous les enfants puissent avoir un cadeau pour Noël,un petit clic, un petit sourire, chaque jour sur le sitehttp://www.monbeausapin.org/
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